Sauvons le Phono Museum !

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Le Phono Museum: Voici un beau lieu qui a besoin d’un petit coup de pouce de tous les passionnés des vieux disques. Personnellement, j’y ai trouvé des disques 78 tours rares, de très bons conseils mais aussi ma valise Teppaz Balad en très bon état de fonctionnement pour écouter les 78 Tours de Georges Sellers que je trouve au fil du temps.

Donc si vous voulez en savoir plus, voici la page en question pour plus d’information:

https://fr.ulule.com/phonomuseum/

Un conseil: allez voir la galerie si vous êtes sur Paris, ça vaut vraiment le détour !

 

 

Connaissez-vous Fred Adison et son orchestre ?

Voici un autre Chef d’orchestre remarquable de Jazz Français du 20ème siècle: Fred Adison.

Passionné par le jazz, il forme à l’âge de 18 ans avec des copains un petit orchestre de cinq musiciens. Petit à petit, ce groupe musical parcourt la France et finit par investir Paris en 1931. L’orchestre parvient même à sonoriser plusieurs courts métrages muets et des sketches cinématographiques de Charlie Chaplin.

Ce fut, aux côtés de Ray Ventura, voire ensuite Jacques Hélian, l’un des principaux ensembles de chanteurs et orchestre à sketches des années 1930.

Parallèlement, de nombreux disques 78 tours sont gravés au cours des années 1930 chez Gramophone (qui furent maintes fois réédités en repiquages améliorés sur microsillons puis CD), et les succès s’enchaînent, avec de nombreux titres, sous une forme amusante et humoristique de comique troupier, voire champêtre de l’époque, rejoignant la musique de divertissement :

  • En cueillant la noisette,
  • Avec les pompiers,
  • Le petit train départemental ou bien encore,
  • Quand un gendarme rit.

De la Taverne Fantasio, il passera au cabaret (dancing) Pigall’s, puis au restaurant Chez Maxim’s. Il fera ensuite toutes les grandes salles : Lido, Européen, Olympia, Ambassadeurs, Bobino, leCirque Medrano, le Trianon, lÉtoile, lA.B.C… Il n’y a pas un établissement qui n’ait voulu, un jour, voir Fred à son programme.

Après la guerre, il revient en force avec un nouvel ensemble où se joignent de nouvelles attractions : danseurs de bebop, Django Reinhardt et Sacha Distel (en guitariste). Il inaugure la Grande Brasserie Alsacienne des Champs Élysées dont il est le directeur (car, en plus, c’est un homme d’affaires averti) puis il passe au restaurant Le Cap Horn, à l’Adison Square tout en effectuant des tournées, animant des thé dansants et cela jusqu’au début des années soixante.

 

Glaçoïde du petit marseillais

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A l’époque où Facebook, la télévision ou les affichages publicitaires n’existaient pas, le Glaçoïde était un moyen de communication efficace. Il s’agit d’une plaque en métal avec une photo collée ou même gravée. On en retrouvait beaucoup (et encore aujourd’hui) dans les cafés et bar tabac pour de la publicité pour l’alcool (bière majoritairement).

Les artistes de l’époque et les maisons de disque comme Pathé Marconi ou Gramophone utilisaient également ce support pour communiquer sur l’arrivée d’un nouvel artiste au catalogue ou tout simplement de la star du moment.

Ici, le jeune marseillais Georges Sellers accompagné de son fidèle accordéon, pose pour la Compagnie Française du Gramophone « La Voix de son Maitre ». La photo est signé de G.L. Manuel Frères, studio photographique fondé en 1900 par Lucien et Gaston Manuel.

Georges Sellers = Gilbert Goose ?

Yannick Reinartz & Uli Biller du site allemand Grammophon Platten consacré à la musique allemande des années 30 / 40 ont fait une étrange découverte:

– Et si l’artiste Gilbert Goose du label Artiphone était en réalité Georges Sellers ?

Voici donc un résumé de l’article, traduit de l’Allemand au Français (et un grand merci à Gwen!)

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Au départ, Gilbert Goose est un musicien belge (clarinettiste et saxophoniste), né en 1898 et mort à Paris en 1948. Il joue dans un orchestre et se produit en Belgique et en France. On trouve les premières traces des représentations de son orchestre en France en 1931. 

Cette même année, Gilbert Goose  a joué dans l’orchestre de Georges Sellers et aurait « offert » son nom comme prête-nom et pseudonyme à l’orchestre.  En effet, un certain nombre de collectionneurs et de connaisseurs français s’accordent tous à dire, après écoutes comparatives d’enregistrements, que Georges Sellers et Gilbert Goose ne font qu’un et qu’il utilisait ce pseudo au début de sa carrière pour ses représentations jazzy.

On sait que de 1929 à 1931, Georges Sellers dirige l’orchestre de jazz du cabaret parisien « Bal Tabarin » (que l’on entendra sur quelques enregistrements d’Artiphone).

A la fin de l’été 1930, il enregistre son premier disque (un solo d’accordéon) pour la maison de disque HMVLors de cette même année, Vincent Scotto écrit pour Joséphine Baker la chanson J’ai deux amours, et Georges Sellers s’occupe de la partie instrumentale. Cette chanson est interprétée et enregistrée pour la maison de disques Columbia, le 23 octobre 1930.

L’année 1931 est pour Georges Sellers couronnée de succès et il signe en décembre 1931 un contrat avec la société HMV (filiale française de Gramophone). Il y réalise quelques éditions notamment avec des duos de trompettiste et de tromboniste. Il ressortira également le titre J’ai deux amours, une fois sous le label Artiphone et HVM . Voici les différentes versions:

  • J’ai deux amours (Columbia, Josephine Baker)

j'ai deux amours columbia

  • J’ai deux amours (Gramophone, version Georges Sellers et chanteur inconnu)

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  • J’ai deux amours (Artiphone, version Georges Sellers, chanteur inconnu)

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Il semblerait que Georges Sellers ait été en 1931 responsable du département « Tanzmusik » (musique de danse) de la toute jeune succursale française d’Artiphone. C’est à cette occasion qu’il publie quelques titres sous son vrai nom Georges Sellers:

  • 3 composés par ses soins
  • 4 de Vincent Scotto
  • 1 en anglais « Hot-Nummern », en utilisant le pseudo Gilbert Goose.

Comme la succursale allemande d’Artiphone n’a pas duré longtemps en France (à peine un an), il n’existe que peu d’enregistrements de Georges Sellers. 

Ensuite, en temps que musicien, il se consacrera presque exclusivement à l’accordéon. Il participera en temps qu’accordéoniste à l’orchestre Lud Gluskin Orchesters en 1932 et dirigera quelques années le Musette Jazz Orchester.

En 1933, il enregistre un morceau qu’il avait déjà joué pour Artiphone : Mickey-Xylophone.

A la fin des années 30, il ne travaille plus que sur des arrangements et des compositions. C’est à ce moment là qu’il prend comme nom de compositeur Germain Blanc (son vrai nom) et gardera son nom de scène Georges Sellers. 

Quelques mots sur Artiphon (Artiphone en français) 

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Cette maison de disque a eu une très courte existence en France. Artiphone en Allemagne connaissant des difficultés économiques (forte récession au début des années 30, qui s’accompagne de la montée des extrêmes), elle décide de s’exporter dans les pays voisins et notamment en France. En mai 1931 , la première succursale française propose à la vente quelques enregistrements. Ses studios d’enregistrement sont situés dans le 10ème arrondissement à Paris. En revanche, la mise sous presse des disques se fait en Allemagne. Il est donc possible qu’avec les délais d’enregistrement, de production et de livraison, la première édition de cette jeune succursale ait eu lieu en Février 1931. Artiphone ayant peu de moyens financiers, l’entreprise ne peut approcher des artistes et orchestres connus. Elle sillonne donc tous les cabarets de Paris et rencontre Georges Sellers dans le cabaret « Bal Tabarin ». C’est ainsi qu’Artiphone serait rentré en contact avec Georges Sellers. Artiphone ne resistera pas aux affres financiers et devra fermer sa succursale parisienne en 1931.

Paris qui brille avec Pills et Tabet

Qui était Pills et Tabet ? Le site Du temps des cerises aux feuilles mortes nous propose une biographie complète et détaillée sur ces deux hommes. Célèbre pour leur chanson Couché dans le foin, c’est au côté de Mistinguett avec « Paris qui brille » et Joséphine Baker avec « La joie de Paris » que Georges Sellers aurait accompagné ces deux acolytes.

Le disque Gramophone K6449 nous propose l’enregistrement de Georges Sellers et son orchestre de jazz avec le titre » Viens  » et « Dans les bouges la nuit » issue de la revue du Casino de Paris  » Paris qui brille « .