Connaissez-vous Fred Adison et son orchestre ?

Voici un autre Chef d’orchestre remarquable de Jazz Français du 20ème siècle: Fred Adison.

Passionné par le jazz, il forme à l’âge de 18 ans avec des copains un petit orchestre de cinq musiciens. Petit à petit, ce groupe musical parcourt la France et finit par investir Paris en 1931. L’orchestre parvient même à sonoriser plusieurs courts métrages muets et des sketches cinématographiques de Charlie Chaplin.

Ce fut, aux côtés de Ray Ventura, voire ensuite Jacques Hélian, l’un des principaux ensembles de chanteurs et orchestre à sketches des années 1930.

Parallèlement, de nombreux disques 78 tours sont gravés au cours des années 1930 chez Gramophone (qui furent maintes fois réédités en repiquages améliorés sur microsillons puis CD), et les succès s’enchaînent, avec de nombreux titres, sous une forme amusante et humoristique de comique troupier, voire champêtre de l’époque, rejoignant la musique de divertissement :

  • En cueillant la noisette,
  • Avec les pompiers,
  • Le petit train départemental ou bien encore,
  • Quand un gendarme rit.

De la Taverne Fantasio, il passera au cabaret (dancing) Pigall’s, puis au restaurant Chez Maxim’s. Il fera ensuite toutes les grandes salles : Lido, Européen, Olympia, Ambassadeurs, Bobino, leCirque Medrano, le Trianon, lÉtoile, lA.B.C… Il n’y a pas un établissement qui n’ait voulu, un jour, voir Fred à son programme.

Après la guerre, il revient en force avec un nouvel ensemble où se joignent de nouvelles attractions : danseurs de bebop, Django Reinhardt et Sacha Distel (en guitariste). Il inaugure la Grande Brasserie Alsacienne des Champs Élysées dont il est le directeur (car, en plus, c’est un homme d’affaires averti) puis il passe au restaurant Le Cap Horn, à l’Adison Square tout en effectuant des tournées, animant des thé dansants et cela jusqu’au début des années soixante.

 

Marseille mes amours

marseille mes amours

Alors que nous sommes en 2015 loin de l’époque des opérettes d’autrefois, voici un nouveau trio qui interprète  un récital nommé Marseille mes Amours, qui rend hommage une nouvelle fois au répertoire de l’Opérette Marseillaise, des compositeurs Scotto,Sarvil, Audiffred et Georges Sellers.

Celui-ci se produira au théâtre du Golfe à la Ciotat. Laissez-vous séduire par les voix des jeunes artistes Stéphanie Portelli (Soprano), Jean-Christophe Born (Ténor) et Cyrille Muller (Accordéon),et découvrez ce patrimoine musical dans un style néo rétro.

Plus d’information sur le Facebook du trio

Au pays du soleil

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Connaissez-vous « Au pays du Soleil » ? Voici en quelques mots le résumé de cette opérette:

Titin, un jeune de Marseille dont la vieille maman tient « La Rascasse » un restaurant où l’on déguste des coquillages et des spécialités locales, aime Miette, la petite fleuriste du cours Saint-Louis.

Il a comme ami Chichois, le chef cuisinier de « La Rascasse » et Françis, un mauvais garçon comme il en existe dans tous les ports du monde. Mado, une pauvre fille qui hante les rue chaudes du port, est amoureuse de Titin, tandis que Bouffetranche, le riche maître camionneur, aime Miette et voudrait l’épouser.

Il serait trop long de conter à la suite de quelles circonstances Titin, qui a quitté la maison familiale, est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis et dont Rizoul, le père de Miette, le croit coupable, ayant été témoin de la scène du meurtre qu’il a du reste mal interprétée.

Rassurez-vous….Sur cette trame dramatique les auteurs ont écrit l’opérette la plus gaie de la série triomphale qui va de Au Pays du Soleil aux Gauchos de Marseille, en passant par Un De la Canebière, Trois de la Marine, Les Gangster du Château d’If, Arènes Joyeuses et tant d’autres.

Tout est prétexte, au cours de cette opérette, à des galéjades, des chansons, et surtout au désir de faire connaître les coins et décors pittoresques de Marseille qui vont de la rue Fortia à Notre-Dame de la Garde, en s’arrêtant au marché aux fleurs du cours Saint-Louis, à la fête locale de Saint-Giniez, aux bas-fonds de la cité Phocéenne, tels qu’ils existaient dans les années 30, et enfin à cette savoureuse fête de l’ail où nos héros se retrouveront après avoir mangé l’aïoli sur la terrasse du cabanon de Bouffetranche.

L’opérette fut créée en 1933 au Moulin de la Chanson. La musique est de Vincent Scotto et l’accompagnement de Georges Sellers.

Georges Sellers = Gilbert Goose ?

Yannick Reinartz & Uli Biller du site allemand Grammophon Platten consacré à la musique allemande des années 30 / 40 ont fait une étrange découverte:

– Et si l’artiste Gilbert Goose du label Artiphone était en réalité Georges Sellers ?

Voici donc un résumé de l’article, traduit de l’Allemand au Français (et un grand merci à Gwen!)

gilbert goose


 

Au départ, Gilbert Goose est un musicien belge (clarinettiste et saxophoniste), né en 1898 et mort à Paris en 1948. Il joue dans un orchestre et se produit en Belgique et en France. On trouve les premières traces des représentations de son orchestre en France en 1931. 

Cette même année, Gilbert Goose  a joué dans l’orchestre de Georges Sellers et aurait « offert » son nom comme prête-nom et pseudonyme à l’orchestre.  En effet, un certain nombre de collectionneurs et de connaisseurs français s’accordent tous à dire, après écoutes comparatives d’enregistrements, que Georges Sellers et Gilbert Goose ne font qu’un et qu’il utilisait ce pseudo au début de sa carrière pour ses représentations jazzy.

On sait que de 1929 à 1931, Georges Sellers dirige l’orchestre de jazz du cabaret parisien « Bal Tabarin » (que l’on entendra sur quelques enregistrements d’Artiphone).

A la fin de l’été 1930, il enregistre son premier disque (un solo d’accordéon) pour la maison de disque HMVLors de cette même année, Vincent Scotto écrit pour Joséphine Baker la chanson J’ai deux amours, et Georges Sellers s’occupe de la partie instrumentale. Cette chanson est interprétée et enregistrée pour la maison de disques Columbia, le 23 octobre 1930.

L’année 1931 est pour Georges Sellers couronnée de succès et il signe en décembre 1931 un contrat avec la société HMV (filiale française de Gramophone). Il y réalise quelques éditions notamment avec des duos de trompettiste et de tromboniste. Il ressortira également le titre J’ai deux amours, une fois sous le label Artiphone et HVM . Voici les différentes versions:

  • J’ai deux amours (Columbia, Josephine Baker)

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  • J’ai deux amours (Gramophone, version Georges Sellers et chanteur inconnu)

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  • J’ai deux amours (Artiphone, version Georges Sellers, chanteur inconnu)

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Il semblerait que Georges Sellers ait été en 1931 responsable du département « Tanzmusik » (musique de danse) de la toute jeune succursale française d’Artiphone. C’est à cette occasion qu’il publie quelques titres sous son vrai nom Georges Sellers:

  • 3 composés par ses soins
  • 4 de Vincent Scotto
  • 1 en anglais « Hot-Nummern », en utilisant le pseudo Gilbert Goose.

Comme la succursale allemande d’Artiphone n’a pas duré longtemps en France (à peine un an), il n’existe que peu d’enregistrements de Georges Sellers. 

Ensuite, en temps que musicien, il se consacrera presque exclusivement à l’accordéon. Il participera en temps qu’accordéoniste à l’orchestre Lud Gluskin Orchesters en 1932 et dirigera quelques années le Musette Jazz Orchester.

En 1933, il enregistre un morceau qu’il avait déjà joué pour Artiphone : Mickey-Xylophone.

A la fin des années 30, il ne travaille plus que sur des arrangements et des compositions. C’est à ce moment là qu’il prend comme nom de compositeur Germain Blanc (son vrai nom) et gardera son nom de scène Georges Sellers. 

Quelques mots sur Artiphon (Artiphone en français) 

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Cette maison de disque a eu une très courte existence en France. Artiphone en Allemagne connaissant des difficultés économiques (forte récession au début des années 30, qui s’accompagne de la montée des extrêmes), elle décide de s’exporter dans les pays voisins et notamment en France. En mai 1931 , la première succursale française propose à la vente quelques enregistrements. Ses studios d’enregistrement sont situés dans le 10ème arrondissement à Paris. En revanche, la mise sous presse des disques se fait en Allemagne. Il est donc possible qu’avec les délais d’enregistrement, de production et de livraison, la première édition de cette jeune succursale ait eu lieu en Février 1931. Artiphone ayant peu de moyens financiers, l’entreprise ne peut approcher des artistes et orchestres connus. Elle sillonne donc tous les cabarets de Paris et rencontre Georges Sellers dans le cabaret « Bal Tabarin ». C’est ainsi qu’Artiphone serait rentré en contact avec Georges Sellers. Artiphone ne resistera pas aux affres financiers et devra fermer sa succursale parisienne en 1931.

Les belles reprises

La musique est éternelle grâce notamment aux reprises. Même si Georges Sellers n’était pas sur le devant de la scène, voici quelques reprises modernes (ou pas) de certains de ses titres. Bonne écoute!

Originale: A Marseille Un Soir ( 1937, Georges Sellers & René Sarvil)

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La reprise de Quai des Brunes

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Originale: Je viens vers toi (1931, dans le film parlé tiré de la pièce de Félix Gandera « Atout Coeur ») – Pas d’enregistrement disponible

La reprise de Baguette Quartette

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Originale: Dans ma petite calanque (1935, Musique de Georges Sellers, parole de R. Vincy et Ph. Loriot)

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La reprise de Moussu T E Lei Jovents

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Originale: Au Soleil de Marseille (1936, chanté par Mireille Ponsard, Georges Sellers, Marc Cab, Emile Audiffred et Tutelier)

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La reprise de Ginette Garcin

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Originale: Et ça fait Boom (1938, chanté par Mireille Ponsard, Georges Sellers, Marc Cab, Emile Audiffred et Tutelier)

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la Valse du Père Magloire (publicité)

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A vos agendas: conférences, projection et concert à La Ciotat le 20 et 21 Mars prochain

Le soleil brille à La Ciotat! Le 20 Mars prochain, Georges Crescenzo, auteur du livre Sarvil, l’oublié de la Canebière, tiendra une conférence sur Sarvil et les Opérettes Marseillaises. Le lendemain, le 21 donc, la présentation des opérettes marseillaises se poursuit avec les historiens et  journalistes Pierre Echinard et Jacques Bonnadier.

Et ce n’est pas fini ! Un concert à 19h30 par Moussu T e lei Jovents avec leur nouvel album Opérettes qui reprend brillamment les plus beaux airs.

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Enfin à 21h, la projection du film  « Au Soleil de Marseille », film de Pierre Jean Ducis de 1937, tiré de l’opérette du même nom dont la musique est signée, Georges Sellers bien sur!

Informations et réservations: 

L’Eden, 90 Boulevard Clémenceau, 13600 La Ciotat

Réservation tickets